Pharmacie Pyrénées 234

Surveillance sanitaire en Bretagne. Point épidémiologique au 22 novembre 2017.

Posté le 7 février 2018

Points clés

Bronchiolite
Phase épidémique. Nouvelle augmentation des recours aux urgences hospitalières, représentant 13,6% des passages avec un diagnostic codé chez les moins de 2 ans (3ème pathologie la plus fréquente). Les effectifs atteints sont supérieurs aux moyennes de saison. L’épidémie s’installe dans la région.
Augmentation de la proportion des prélèvements positifs au VRS au laboratoire de Virologie du CHRU de Rennes (taux de positivité = 15% (10/65)).

Asthme
Très forte augmentation des passages aux urgences pour asthme chez les moins de 5 ans (+141 %, soit +68 passages). Niveau atteint supérieur aux moyennes saisonnières.
Concomitance avec une circulation virale toujours importante des Rhinovirus/Entérovirus identifiés sur les prélèvements respiratoires analysés au Laboratoire de virologie du CHU de Brest.

Pathologies ORL
Augmentations des recours pour pathologie ORL touchant plus particulièrement les moins de 15 ans (associations SOS Médecins et services des urgences). L’activité liée aux pathologies ORL devrait s’intensifier avec l’arrivée de l’épidémie de bronchiolite.

Grippe et syndrome grippaux
Activité faible. Détection sporadique du virus de la grippe A dans des prélèvements respiratoires analyses au laboratoire de Virologie du CHRU de Brest depuis la mi-octobre.

Maladies à déclaration obligatoire
Un bilan des cas de légionellose déclarés et domiciliés en région Bretagne en 2016 est proposé en page 7.

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Surveillance de la grippe à Mayotte. Point épidémiologique au 31 janvier 2018.

Posté le 5 février 2018

Situation épidémiologique

L’épidémie de grippe saisonnière à Mayotte a débuté de manière précoce cette année (pour le réseau de médecins sentinelles en semaine 39 : 25 octobre - 1er novembre). Depuis plusieurs années, les données de surveillance montrent une recrudescence des syndromes grippaux en saison des pluies, notamment de janvier à mars.

En 2016, cette saisonnalité avait été confirmée par l’identification de virus grippaux au laboratoire du CHM, dans le cadre de la surveillance virologique initiée la même année.

En 2017, une activité précoce a été observée dès la semaine 39 et elle s’est intensifiée au fil des semaines pour atteindre un pic en semaine 45 (6 au 12 novembre). L’épidémie se termine en ce début de mois de janvier 2018, alors que cette période correspondait à une activité grippale intense les années précédentes. Si la saison 2017/2018 semble avoir été précoce, il est possible que le renforcement des systèmes de surveillance depuis 2016 ait permis de détecter plus tôt les premiers signes de l’épidémie de grippe à Mayotte. En effet, le réseau de médecins sentinelles et la surveillance virologique ont été nettement développés en 2017. Néanmoins, il est nécessaire de poursuivre l’étude de la saisonnalité de la grippe dans les années à venir afin de mieux comprendre la dynamique de l’épidémie grippale sur l’île.

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Situation épidémiologique de la grippe en Guyane. Point au 2 février 2018.

Posté le 5 février 2018

Analyse de la situation épidémiologique

L’épidémie de grippe, débutée fin décembre, a poursuivi sa phase ascendante au cours de la deuxième quinzaine de janvier. Une forte augmentation du nombre estimé de consultations pour syndrome grippal a été observée la semaine dernière ; le pic épidémique est probablement atteint. Au cours des deux dernières semaines, l’activité en lien avec les consultations pour syndrome grippal était modérée aux urgences du CHAR et du CHK et élevée à la GMC. Depuis le début de l’épidémie, les virus grippaux de type A et B ainsi que du VRS A et du VRS B ont été identifiés. Deux cas graves de grippe ont été admis en service de réanimation du CHAR depuis le début de l’épidémie, dont 1 est décédé.

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Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 1er février 2018.

Posté le 2 février 2018

A la Une - Alimentation et activité physique des jeunes

Dans le cadre du Plan Cancer 2014-2019, Santé publique France pilote l’action 11.6 visant à développer l’éducation sur l’alimentation et l’activité physique dès la maternelle et le primaire, notamment pendant le temps périscolaire. Pour répondre à cet objectif, l’agence a réalisé un état des lieux des actions mises en place dans ce domaine et proposé des pistes d’amélioration.
L’étude comportait trois objectifs : mener une revue de la littérature sur les interventions efficaces dans les domaines de l’alimentation et de l’activité physique à visée des enfants et des adolescents ; recenser et décrire les actions réalisées sur le territoire et repérer des actions prometteuses ; comparer ces données à celles de la littérature afin d’établir des propositions pour la mise en oeuvre d’interventions prometteuses dans les domaines de la prévention et de la promotion de l’alimentation et de l’activité physique.
Les résultats de l’étude sur les actions menées en France sont principalement : 96 % des actions recensées agissent sur des déterminants individuels; 28 % agissent sur des déterminants interpersonnels (implication des parents, ateliers intergénérationnels, transmission par les pairs) et 10 % sur des déterminants environnementaux (amélioration de l’offre alimentaire, création d’un environnement favorable pour l’activité physique); 46 % agissent à la fois sur l’alimentation et l’activité physique; 21 % impliquent les parents; 68 % sont mises en oeuvre dans le milieu scolaire; 34 % durent un an ou plus.
Bien que la diversité des interventions menées rende difficile leur comparaison, il est ressorti de la littérature que les interventions efficaces/prometteuses incluaient généralement : intervention dans les écoles ; implication des parents ; actions qui combinent alimentation et activité physique ; actions intégrées dans le programme d’enseignement ; action sur l’environnement ; durée de l’intervention relativement longue. La confrontation de ces résultats aux critères d’efficacité identifiés dans la littérature suggère la nécessité d’encourager les actions portant sur l’environnement et impliquant les parents.
Cette analyse a mis en évidence qu’il existe une grande diversité et variabilité des actions développées et que leur impact est rarement évalué. Afin d’encourager la mise en place d’actions prometteuses et efficaces, il semble pertinent de s’appuyer sur les actions ayant déjà fait preuve de leurs effets, en facilitant leur déploiement. Santé publique France travaille actuellement à la création d’un registre national qui compilera les actions prometteuses/efficaces pour agir sur différents déterminants. Pour chacune de ces actions seront fournies les informations nécessaires aux acteurs des terrains pour les mettre en oeuvre. Pour les nouvelles actions, l’évaluation doit continuer à être promue et être considérée comme un indicateur prioritaire pour le financement des actions de terrain.

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Surveillance du paludisme à Mayotte. Point épidémiologique au 29 janvier 2018.

Posté le 2 février 2018

Situation épidémiologique de 1970 à 2016

Le paludisme est endémique dans l’archipel des Comores. A Mayotte, la transmission est assurée par deux vecteurs : Anopheles gambiae et Anopheles funestus.
Vers la fin des années 70, la mise en place d’une lutte intégrée contre cette maladie avait permis de faire baisser de manière significative le nombre de cas (sous le seuil de 100 cas / an jusqu’en 1990). Cette stratégie reposait sur une lutte contre les moustiques vecteurs reposant sur les aspersions murales intra-domiciliaires d’insecticides (AID) et les traitements des gîtes larvaires, associée à une chimioprophylaxie et à un traitement présomptif de tous les accès fébriles. La diminution des efforts de lutte contre le paludisme à Mayotte entre 1990 et 2000, avec en particulier l’affaiblissement de la lutte anti vectorielle systématique, a eu pour conséquences une explosion du nombre de cas (plus de 1000 cas / an) et une augmentation du nombre de décès (10 décès dus au paludisme en 2001).

De 2002 et 2010, la réorganisation de la lutte contre le paludisme avec la reprise des AID systématiques et la lutte anti larvaire, parallèlement à l’amélioration du diagnostic (mise en place de test de diagnostic rapide) et la modification de l’arsenal thérapeutique ont permis de diminuer le nombre de cas annuel en (moins de 1000 cas). A partir de 2011, le nombre annuel de cas a fortement diminué pour atteindre 25 cas autochtones en 2012. Une nouvelle stratégie de lutte anti-vectorielle (LAV) a été adoptée en 2012 avec la distribution et l’installation de moustiquaires imprégnées de deltaméthrine (MIILD) sur tout le territoire de Mayotte. Le bilan de la distribution fait état de plus de 140 000 moustiquaires distribuées ou installées dans 47 000 foyers avec une moyenne de 3 MIILD par foyer. Le taux de couverture était de 91,4%.

De 2013 à 2015, seulement 1 ou 2 cas autochtones par an ont été recensés. Dans le même temps, le nombre de cas importés des Comores diminuait lui aussi du fait des programmes mis en place par le programme national de lutte contre le paludisme de l’Union des Comores. Mayotte est entrée officiellement selon l’OMS dans la phase d’élimination du paludisme en 2014. Au vu des efforts menés dans l’Union des Comores, une élimination dans l’ensemble de l’Archipel paraissait possible si les efforts de lutte étaient maintenus. Néanmoins, on a observé en 2016 une recrudescence inquiétante du nombre de cas de paludisme autochtone à Mayotte, qui s’est poursuivie en 2017 et en ce début d’année 2018 (Figure 1). Par ailleurs une nette augmentation du nombre de cas de paludisme a été signalée en 2017 sur l’île de la Grande-Comore.

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Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 25 janvier 2018.

Posté le 26 janvier 2018

A la Une - Épidémie de Salmonellose à Salmonella enterica sérotype Agona chez des nourrissons en France

Le Centre national de référence (CNR) des Salmonella (Institut Pasteur, Paris) a identifié, fin novembre 2017, un nombre inhabituel de jeunes enfants présentant une salmonellose à Salmonella sérotype Agona. L'identification de 8 cas en 8 jours a déclenché l’alerte et les investigations épidémiologiques dès le 1er décembre auprès des parents des bébés concernés.
L’investigation épidémiologique est menée par Santé publique France en lien avec le CNR, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la Santé (DGS). Elle a permis d’identifier à ce jour 37 nourrissons (16 garçons et 21 filles, médiane d’âge 4 mois (min : 2,5 semaines, max : 9 mois)) présentant une salmonellose à Salmonella sérotype Agona, survenue entre mi-août et le 2 décembre 2017. Ces cas résident dans 10 régions différentes (dont 4 en Bourgogne Franche-Comté). Toutes ces souches appartiennent à un même clone épidémique.
A ce jour, les familles de 36 nourrissons ont pu être interrogées. Parmi ces 36 nourrissons, 35 ont consommé, dans les 3 jours précédant la date de début de leurs symptômes, des laits de marque : Pepti Junior de Picot (n=26 nourrissons), Milumel Bio 1 sans huile de palme (n=5), Picot Riz (n=2), Picot SL (n=1), et Picot anti-colique (n=1) ; ces 5 laits sont élaborés sur un même site de production. Une maman d’un nourrisson rapporte un allaitement maternel exclusif.
Les parents qui utiliseraient une boîte de lait infantile en poudre concernée par cette mesure de retrait-rappel doivent changer immédiatement de lait. La Société Française de Pédiatrie (SFP) a formulé des recommandations de substitutions possibles en ce sens qui sont disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.
Pour les médecins, un enfant qui présenterait un épisode de gastroentérite aigue après avoir consommé des produits fabriqués par Lactalis et faisant l’objet du rappel, la prescription d’une coproculture est recommandée. Si la coproculture est positive pour Salmonella, la souche devra être envoyée au CNR Salmonella à l’Institut Pasteur pour typage, en spécifiant que cette demande est faite dans le cadre de l’alerte S. Agona et laits en poudre (cette souche présente des caractéristiques biochimiques spécifiques reconnaissables par les biologistes des laboratoires : elle ne produit ni H2S ni gaz sur milieu Kligler-Hajna, ce qui est inhabituel pour les Salmonella non-typhiques).
A ce jour, aucun nouveau cas de salmonellose à S. Agona chez un nourrisson avec début des symptômes après le 02/12/2017 (date des premières mesures de retrait et rappel) n’a été identifié par le CNR.

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